Imaginé par le designer français François Mangeol, "Occidorient" est un tapis. Il recèle une fonction essentielle de re-présentation. Il tente d'hybrider deux cultures bien distinctes, orientale et occidentale, et des codes représentatifs de chacune en offrant au-delà du rôle convenu des descentes de lits, une relecture et une mise à jour d'un savoir-faire. Les détails et les images dans la suite !

Historiquement, le tapis persan porte au divin. Il a toujours rempli
en Orient une double fonction, pratique et symbolique. Aussi est-il
construit comme un ouvrage d’architecture, figurant un plan d’ensemble.
Il constitue un espace magique habité par la sphère de l’univers. Le
format "kelleghi" ou "kelley" est très proche du 16/9 de nos écrans de
cinéma et de télévision, ce format où se jouent nos sociétés, où nous
nous jouons de nos sociétés et où se laissent conter d’occidentales
histoires.

La très symbolique Times New Roman, typographie
occidentale et anglo-saxonne, mais également équilibrée, élégante,
simple et mondialement connue est utilisée de façon historique par la
presse. Elle est aujourd’hui utilisée par des logiciels et des outils
de publication, designers de nos sociétés, comme police par défaut.
Elle est utilisée ici comme unique motif. Elle remplit, par agrégation
et sans aucune déformation des caractères typographiques, les bordures
extérieures, éléments de protection des champs intérieurs, eux aussi
progressivement envahis par elle. Le principe même de fabrication d’un
tapis persan est ici poussé jusqu’à l’extrême : la répétition de motifs
jusqu’à remplir l’espace du tapis pour en tirer un nouveau langage,
tout à la fois familier et abstrait.

Réalisé par François Mangeol dans le cadre de la Pré-édition à l'ESADSE (Ecole Superieure Art et Design de Saint-Etienne), produit par Orphies Asset, fabriqué par Tisca. via